Retour Publications d'expert | Publié le 05/05/20

COVID-19 | Les actualités du mardi 5 mai 2020

« Entreprendre consiste à changer un ordre existant. » (Joseph Schumpeter)

 

Chères Clientes, chers Clients,

Aujourd'hui, toujours des chiffres records mais des décryptages et précisions très importantes :

 

PENDANT

___ 1) Travailleurs indépendants, professions libérales : Le prélèvement des cotisations sociales personnelles dues par les travailleurs indépendants le 5 mai (aujourd'hui), qu'elles soient mensuelles ou trimestrielles, sont automatiquement annulés sans avoir de démarche particulière à faire pour cela. Comme pour les deux mois précédents, les montants non prélevés seront lissés sur de futures échéances de cotisations.

 

___ 2) Protocole de déconfinement, fiches métiers et guides covid-19 : 1 nouveau guide professionnel émanant des fédérations syndicales, validé et publié par le Ministère du Travail sur les professions de l'ingénierie, du numérique, du conseil, de l'événementiel et de la formation professionnelle (Syntec). Mais surtout, le Ministère vient de publier un « protocole national de déconfinement pour les entreprises». Il vient en complément des fiches et guides métiers. Vous ne pouvez pas ne pas en prendre connaissance avant de finaliser votre charte de continuité Covid -19. 

Notre commentaire : il serait plus que temps que le gouvernement arrête une mesure, à la même rapidité qu'il a su démontrer qu'il pouvait le faire ce week-end, afin de réduire l'effet néfaste du risque pénal qui pèse, en vertu des textes de loi actuels, sur les chefs d'entreprises -comme sur les maires d'ailleurs-, même quand ils font preuve de diligences maximales, pour déverrouiller l'activité et enfin remettre tous ces entrepreneurs qui veulent réellement travailler au travail, sans qu'ils aient une épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes.

 

___ 3) Arrêts dérogatoires Covid-19 : on l'a déjà évoqué quand les textes sont sortis, dans notre lettre du lundi 27 avril, et en 1er décryptage dans celle du 29 avril. Les impacts sont tels que cela nécessitait de nouvelles précisions sur les conséquences (pour prévenir vos salariés) et sur les processus (pas toujours simples) pour la mise en œuvre jusqu'aux paies de mai. C'est chose faite dans cette note.

 

___ 4) INSEE : 1ers chiffres de mars seul, mais aussi provisoires sur avril :

  • Chiffre d'affaires : les grands gagnants sont les grandes surfaces alimentaires : hausse de leur CA de 1,8% après une hausse de 1,3% en février 2020, et parmi les grandes surfaces, les supermarchés ont un CA en hausse de 8,2% (contre 1,5% en février, proche des autres). Cette hausse globale est une moyenne qui masque certains contrastes : la hausse des ventes de produits alimentaires est de +5,1%, alors que les produits non alimentaires sont en baisse de −3,9 % et les carburants enregistrent une baisse encore plus marquée de −8,7 %. Ces bons chiffres de l'alimentaire sont souvent au détriment des petits commerces,
     
  • Prix à la consommation : hausse globale des prix à la consommation de 0,4% en avril (en glissement annuel) soit bien moindre que les 0,7% de mars, mais avec de fortes disparités :
    1. + 3,7% sur l'alimentation dont +18% sur les produits frais et +13% sur le tabac qui sont fortement consommés,
    2. Contre -8,5% en avril, suivant les -4% en mars sur l'énergie qui n'est quasiment plus consommée,
    3. L'impact du mois d'avril seul reste faible +0,1%, comme en mars, après 0 en février et -0,4% en janvier,
    4. Et souvenez-vous qu'en avril 2018, ce n'est pas si loin, ce même indice des prix à la consommation évoluait aux alentours de 1,7%, pour culminer à 2,2% à la fin de l'été 2018,
       
  • Dépenses des ménages en biens d'équipement : On s'en doutait. Les chiffres le confirment : elles chutent en mars de 17,9% en volume. Un nouveau record pour l'INSEE, qui les collectionne : de nouveau, la plus forte baisse jamais enregistrée sur un mois depuis le début de la série en 1980. Sans surprise, c'est l'indice des biens fabriqués qui chute le plus à -42,3%, alors les dépenses en énergie baissent de -11,4%. Le textile et l'habillement chutent de -58%. Si vous voulez vous immerger dans le détail, il est iciPour les volumes en avril, ce sera encore plus flagrant !
     
  • Prix de la production française : ils baissent de -2,1% sur un an à fin mars, en grande partie due aux prix du raffinage qui chutent de -43,6%. Vous pouvez retrouver le détail ici.

 

___ 5) Intérim : au moment du redémarrage progressif, quelques précisions de bon sens, qui ne vont pas toujours de soi pour tout le monde. Dans le prolongement de ce que nous avons décrit dans la quotidienne du 29 avril, nous précisons que les entreprises utilisatrices sont responsables de l'analyse du risque, de la mise en place des moyens adaptés, mais aussi de former la personne qui va accueillir les travailleurs intérimaires, d'informer l'agence d'emploi et les intérimaires concernés. Cela doit comprendre :

  • La remise des équipements concernés (masques, gants, lunettes de protection, surblouses, etc…) pour la prévention du risque Covid-19, lesquels doivent être identiques à ceux fournis aux salariés permanents, et fournis en quantité et autant de fois que nécessaire,
  • La formation à leur utilisation (mise en place, port, procédures pour les mettre, les retirer, les jeter, etc…), ainsi qu'au lavage des mains…

Le travailleur intérimaire, comme les autres salariés, doit être aussi acteur de sa santé en respectant les gestes barrières et les procédures mises en place, en prenant connaissance de la fiche métier correspondant à sa mission, en prévenant son agence en cas de symptômes ou en cas de doute sur ses conditions de travail en lien avec un risque de contamination.

 

Les chiffres de la dernière semaine concernant l'Intérim en France ne montrent pas de différence notable avec ceux déjà évoqués pour les semaines précédentes dans notre quotidienne du 29 avril (évolutions à la hausse ou à la baisse proche de zéro d'une semaine à l'autre). Seules les régions Lorraine et Franche Comté (fortement touchées au début de l'épidémie) reprennent un peu de couleurs avec respectivement +4,4% et +3,8%, alors que la Picardie continue d'être touchée à -5,1%

A noter ; le Poitou-Charentes (très peu touché par le Covid-19 : en vert très clair pour reprendre l'image de la carte de France) avec également le constat du frémissement qui avait été ressenti par notre filiale PROACTIF à +3,3%.

 

APRÈS

 

___ 1) Stratégie de court terme : l'INSEE vient de publier les résultats de son enquête mensuelle auprès des ménages, dont les résultats sont repris en boucle comme autant d'oiseaux de mauvais augure. Encore un record, l'indice perd 8 points, soit sa plus forte baisse en un mois depuis la création de cette enquête en 1972. Certes, mais… Un décryptage s'imposait :

  • Elle a été menée du 27 mars au 18 avril 2020, soit presque juste après la douche froide de la double surprise générale, confinement plus rallonge du confinement et « nous ne sommes pas meilleurs que les autres », soit au moment où l'angoisse était à son paroxysme, les seuls chiffres quotidiens étant le nombre de morts et de patients en réanimation : très difficile de ne pas être touché,
     
  • La perspective du déconfinement était encore floue et incertaine,
     
  • Le détail des indices issus de cette enquête sont à interpréter afin de ne pas rajouter une couche d'anxiété pour tous les entrepreneurs qui vont bientôt reprendre l'activité avec la crainte du comportement du consommateur figée comme une boule au ventre :
    • La chute est brutale, mais finalement l'indice de confiance se situe à 95 soit tout juste au-dessous de l'indice 100 correspondant à la moyenne sur 10 ans,
    • Fin 2018, il avait aussi atteint un creux à 88 après, certes, avoir chuté régulièrement depuis le début de l'année,
    • De mi 2008 à fin 2014, ce même indice oscillait entre 80 et 90, pour n'être remonté à 100 qu'à fin 2016,
    • Les autres composantes de l'indice sont à interpréter comme suit par les entrepreneurs :
      1. Pas d'opportunité de faire des achats importants : logique, de toutes les façons dans l'incertitude on s'abstient et on ne pense pas à acheter une voiture dont on n'a pas l'utilisation actuellement ou même un nouveau frigo, ou à remplacer son four, sauf si le vôtre vient de lâcher, on attend de voir avant de signer un permis de construire,…
         
      2. Les ménages pensent, durant cette période, qu'il n'est pas opportun d'épargner, mais d'un autre coté leur capacité d'épargne augmente, confirmé par leur sentiment d'augmentation de capacité d'épargne actuelle (et vice et versa) qui passe à 20 points, soit plus du double de la moyenne de 9 observée sur la période en 32 ans de janvier 1987 à décembre 2019. D'ailleurs, ils ne s'en privent pas, comme évoqué précédemment dans notre lettre du 27 avril avec les quelques 10 Milliards d'euros de collecte sur les livrets A et DD, depuis janvier 2020 dont près de 3 Milliards en mars, après 16 Milliards net en 2019. C'est une réaction normale en pareille période, mais qui peut tout aussi rapidement s'inverser quand la confiance revient, comme cela a été le cas sur le 1er semestre 2019,
         
      3. Ils pensent aussi, depuis 12 mois, que leur niveau de vie s'était amélioré, mais au cours de cette dernière enquête, que leur niveau de vie future est désormais au plus bas des niveaux atteints depuis le début de cette série d'enquêtes. Encore une fois, rien que de très normal quand on ne sait pas ce que l'avenir réserve et que l'on entrevoit le spectre du chômage se profiler pour son cas personnel. Le bon est spectaculaire et surtout spontané, mais l'indice n'atteint pas encore le niveau de 2009 ou même 2012. Il peut même encore fortement augmenter en avril. Ce n'est pas une raison pour en tirer des conséquences ultra pessimistes pour l'après, je dirai même au contraire : plus froide est la douche, on s'y habitue et plus rapidement on a une sensation de chaud. Car c'est de cela dont on parle dans une enquête d'opinion, des sensations !
         
      4. Comme d'un autre côté, ils anticipent une forte hausse de l'inflation, cela devrait inciter certains à investir dans des biens durables dans les mois à venir avant que la hausse envisagée, combinée à leur vision de la baisse de leur niveau de vie ne vienne leur rendre la marche plus haute à franchir,

Vous l'aurez donc compris :

  • Le défi du gouvernement va être de rassurer un maximum dans les semaines à venir : ce n'est pas gagné,
     
  • Celui des entrepreneurs sera de convaincre les consommateurs-épargnants forcenés qu'il est temps d'investir et de dépenser un peu de leur épargne. Cela ne se fera pas sur des frivolités mais sur du durable et du fiable, du long terme, du robuste, mais aussi ce qui aura du sens, et donc sur de la convivialité et des achats plaisir au sortir de mois de frustrations. A vous de jouer !

 

___ 2) Mais aussi pour préparer la stratégie à LT : le conseil du jour de Jean-Marc Bonnet, dirigeant de FINOVA Conseil, sur « l'échec salutaire », à voir sur la vidéo ci-dessous : « La Minute Optimiste - Épisode 7 - Échec et réussite » :

 

 

Les collaborateurs et associés du Groupe FIMECO Walter France.

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