La feuille de paie, version 2026

Voici les principales informations à connaître pour établir les feuilles de paie 2026 de vos salariés.

emploi-retraite

Le Smic est le minimum garanti

Le ministère du travail et des solidarités a annoncé que le Smic serait revalorisé de 1,8% au 1er janvier 2026. Son montant horaire brut a augmenté donc de 11,88 € à 12,02 €.

Le Smic mensuel brut a progressé, quant à lui, de 21,23€ pour s’établir, depuis le 1er janvier 2026, à 1 823,03 € (contre 1 801,80 € précédemment) pour une durée de travail de 35 heures par semaine. Soit un Smic mensuel net de 1 443,11 €.

À noter : à Mayotte, le montant horaire brut du Smic est fixé à 9,33 € (contre 8,98 € précédemment) et son montant mensuel brut à 1 415,05 € (contre 1 361,97 €) pour une durée de travail de 35 heures par semaine.

Depuis le 1er janvier 2026, le minimum garanti, qui intéresse tout particulièrement le secteur des hôtels-cafés-restaurants pour l’évaluation des avantages en nature nourriture, passe de 4,22 € à 4,25 €. Dans le secteur des hôtels-cafés-restaurants, l’avantage nourriture est donc évalué, en 2026, à 8,50 € par journée ou à 4,25 € par repas.

Le plafond de la Sécurité Sociale

En 2026, le montant du plafond de la Sécurité Sociale a augmenté de 2% par rapport à 2025.

Ainsi, depuis 1er janvier 2026, le montant mensuel du plafond de la Sécurité Sociale est passé de 3 925 € à 4 005 € et son montant annuel de 47 100 € à 48 060 €.

Taux de cotisations

Plafond de la Sécurité Sociale pour 2026

  • Plafond annuel : 48 060 €

  • Plafond trimestriel : 12 015 €

  • Plafond mensuel : 4 005 €

  • Plafond par quinzaine : 2 003 €

  • Plafond hebdomadaire : 924 €

  • Plafond journalier : 220 €

  • Plafond horaire (1) : 30 €

(1) Pour une durée de travail inférieure à 5 heures.

À noter : à Mayotte, le montant du plafond mensuel de la Sécurité sociale est fixé à 3 022 € depuis le 1er janvier 2026.

La cotisation AGS

L’Association pour la gestion du régime de garantie de créances des salariés (AGS) assure aux salariés dont l’employeur est placé en redressement ou en liquidation judiciaire le paiement des sommes qui leur sont dues (salaires, indemnités de licenciement…). Ce régime est financé par une cotisation exclusivement à la charge des employeurs.

Le conseil d’administration de l’AGS a décidé, le 16 décembre dernier, de maintenir ce taux de cotisation à 0,25% au 1er janvier 2026.

La cotisation AGS est applicable sur les rémunérations des salariés dans la limite de 4 fois le plafond mensuel de la Sécurité Sociale, soit 16 020 € par mois en 2026.

Le versement mobilité régional

Depuis le 1er janvier 2026, les entreprises d’au moins 11 salariés, situées en Centre-Val de Loire, en Bourgogne-Franche-Comté, en Bretagne et en Nouvelle-Aquitaine doivent verser, sur leur masse salariale, un versement mobilité régional et rural (VMRR) au taux de 0,15 %.

Toutefois, certaines communautés de communes situées en Bretagne bénéficient d’un taux réduit de 0,08 % ::

  • Loudéac Communauté Bretagne Centre

  • Monts d’Arrée Communauté

  • Poher Communauté

  • Brocéliande Communauté

  • Arc Sud Bretagne

  • Ploërmel Communauté

  • De l’Oust à Brocéliande Communauté

  • Centre Morbihan Communauté

  • Baud Communauté

  • Roi Morvan Communauté

  • Pontivy Communauté

  • Les communautés de communes du Kreiz-Breizh, de la Presqu’île de Crozon–Aulne maritime, de Pleyben-Châteaulin-Porzay, de Haute Cornouaille, du Cap Sizun–Pointe du Raz, du Haut Pays Bigouden, de Couesnon Marches de Bretagne et de Belle-Île-en-Mer.

À noter : depuis le 1er janvier 2026, le taux de VMRR applicable en Provence-Alpes-Côte d’Azur est abaissé de 0,15 % à 0,08 %.

Les exonérations de cotisations sociales patronales

Les taux réduits de cotisations :

Jusqu’au 31 décembre 2025, les employeurs ont bénéficiés d’une réduction :

  • du taux de la cotisation d’assurance maladie (7% au lieu de 13%) sur les rémunérations n’excédant pas 2,25 Smic (4 054,05 € bruts par mois pour une durée de travail de 35 heures par semaine) ;

  • du taux de la cotisation d’allocations familiales (3,45 % contre 5,25 %) sur les rémunérations qui ne dépassent pas 3,3 Smic (5 945,94 € bruts par mois pour une durée de travail de 35 heures par semaine).

Ces taux réduits de cotisations ont été supprimés pour les cotisations sociales dues au titre des périodes d’emploi débutant à compter du 1er janvier 2026.

La réduction générale des cotisations sociales patronales

Afin de compenser la suppression des taux réduits de cotisations, une nouvelle formule de calcul de la réduction générale des cotisations sociales patronales (RGCP) a été appliquée pour les cotisations sociales dues au titre des périodes d’emploi débutant à compter du 1er janvier 2026.

Cette nouvelle formule :

  • concerne les rémunérations inférieur à 3 Smic (5 469,09 € bruts par mois en 2026, contre 1,6 Smic auparavant, soit 2 882,88 € par mois en 2025) ;

  • garantit à chaque employeur une réduction de cotisations minimale de 2 % pour les rémunérations inférieures à ce plafond.

Nouvelle formule de calcul de la déduction général des cotisations patronales

Entreprises soumises au FNAL au taux de :

  • 0,10 %

    Formule du calcul du coefficient de la réduction générale (1) :

    0,0200 (2) + (0,3773 (3) × [(1/2) × (3 × Smic annuel / rémunération annuelle brute – 1)])¹·⁷⁵

  • 0,50 %

    Formule du calcul du coefficient de la réduction générale (1) :

    0,0200 (2) + (0,3813 (3) × [(1/2) × (3 × Smic annuel / rémunération annuelle brute – 1)])¹·⁷⁵

(1) Le coefficient obtenu doit être multiplié par la rémunération annuelle brute du salarié pour obtenir le montant de la réduction générale.

(2) Montant de réduction générale.

(3) Ce taux, baptisé « taux delta » (T-delta), doit être réduit si la somme de taux des cotisations et contributions effectivement à la charge de l’employeur est inférieure au taux de T initial. T-delta est ajusté lorsque le taux est modifié pour tenir compte de la fraction de la cotisation AT/MP comprise dans le champ de la réduction générale (fixée à 0,5 point à l’heure où nous écrivons ces lignes).

Selon le niveau de rémunération des salariés, la réforme des allègements des cotisations sociales patronales est avantageuse, neutre ou défavorable pour les employeurs. À ce titre, voici un tableau comparatif des allègements accordés aux employeurs de moins de 50 salariés en 2025 et 2026.

Comparatifs des allègements des cotisations sociales patronales 2025/2026

Rémunération mensuelle :

  • 1 Smic2025 : RGCP 575,31 € / Réduction maladie et allocations familiales 140,53 € / Total 715,84 €

    2026 : RGCP 724,29 €

    Variation mensuelle 2025/2026 : +8,45 €

  • 1,6 Smic

    2025 : RGCP 0 € / Réduction maladie et allocations familiales 224,86 € / Total 224,86 €

    2026 : RGCP 317,35 €

    Variation mensuelle 2025/2026 : +92,49 €

  • 2 Smic

    2025 : RGCP 0 € / Réduction maladie et allocations familiales 281,09 € / Total 281,09 €

    2026 : RGCP 194,33 €

    Variation mensuelle 2025/2026 : -86,76 €

  • 2,5 Smic

    2025 : RGCP 0 € / Réduction maladie et allocations familiales 81,08 € / Total 81,08 €

    2026 : RGCP 121,69 €

    Variation mensuelle 2025/2026 : +40,61 €

  • 3 Smic

    2025 : RGCP 0 € / Réduction maladie et allocations familiales 97,29 € / Total 97,29 €

    2026 : RGCP 0 €

    Variation mensuelle 2025/2026 : -97,29 €

La réduction forfaitaire spécifique pour frais professionnels

Certaines professions bénéficient, sur l’assiette de leurs cotisations sociales, d’un abattement, appelé « déduction forfaitaire spécifique pour frais professionnels » (DFS), pouvant aller jusqu’à 30% de leur rémunération, son montant étant plafonné à 7 600 € par an et par bénéficiaire.

Le taux de cette DFS va progressivement diminuer ces prochaines années jusqu’à devenir nul.

Une suppression aménagée…

Pour certaines professions, la suppression progressive de la DFS a débuté au 1er janvier 2024.

Le texte ci-dessous recense les taux applicables en 2026.

Taux de la DFS en 2026

  • Construction : ouvriers du bâtiment → 7%

  • Propreté : ouvriers des entreprises de nettoyage de locaux → 3%

  • Transport routiers de marchandises → 17%

  • Journalistes (presse et audiovisuel) → 24%

  • Aviation civile → 26%

  • VRP → 24%

  • Casinos et cercles de jeux → 5%

  • Spectacle vivant et spectacle enregistré pour les professions ayant un taux de DFS de 20% (musiciens, choristes, chefs d’orchestre et régisseurs de théâtre ) → 16%

  • Spectacle vivant et spectacle enregistré pour les professions ayant un taux de DFS de 25 % (artistes dramatiques, lyriques, cinématographiques ou chorégraphiques) → 18%

… et étendue à toutes les professions

Les autres professions qui bénéficient de la DFS voient cette avantage progressivement supprimé.

Concrètement, depuis le 1er janvier 2026, leur taux de DFS a diminué de 15% (par rapport au taux pratiqué en 2025) chaque année pour devenir nul au 1er janvier 2032.

En pratique, les pourcentages obtenus sont arrondis à l’unité la plus proche, une fraction de 0,5 étant comptée pour 1.

Précision : la liste complète des professions concernées figure à l’article 5 de l’annexe 4 du Code général des impôts dans sa rédaction en vigueur au 31 décembre 2000.

Sont notamment visées les démarcheurs et négociateurs salariés des cabinets immobiliers, les démarcheurs de banque, les visiteurs médicaux, les ouvriers d’imprimerie de journaux qui travaillent la nuit, les mannequins, les ouvriers forestiers, les ouvriers des entreprises électriques…

Le guide du Loueur Meublé Non Professionnel

La gratification due aux stagiaires

L’entreprise doit verser une gratification minimale au stagiaire qui effectue en son sein, au cours d’une même année scolaire ou universitaire, un stage de plus de 2 mois, consécutifs ou non.

Cette gratification minimale correspond à 15% du plafond horaire de la Sécurité sociale.

Comme ce plafond augmente de 29 € à 30 € en 2026, le montant minimal de la gratification est passé de 4,35 € à 4,50 € depuis le 1er janvier 2026.

Son montant mensuel est calculé en multipliant 4,50€ par le nombre d’heures de stage réellement effectuées au cours d’un mois civil.

Exemple : la gratification minimale s’établit à 630 € pour un mois civil au cours duquel le stagiaire a effectué 140 heures de stage.

Les sommes versées aux stagiaires qui n’excèdent pas le montant de cette gratification minimale ne sont pas considérées comme des rémunérations et ne sont donc pas soumises à cotisations et contributions sociales.

À noter : si la gratification accordée au stagiaire est supérieure au montant minimal de 4,50 € de l’heure, la différence entre le montant effectivement versé et ce montant minimal est soumise à cotisations et contributions sociales.

Source : Les Echos