Un train de mesures fiscales pour le secteur agricole.
La loi de finances pour 2026 prévoit plusieurs mesures de soutien aux exploitations agricoles afin, notamment, de préserver leur compétitivité et de les sécuriser face aux aléas économiques, environnementaux, sanitaires et climatiques auxquels elles sont confrontées.
Ce dispositif de la DEP est prolongé de 3 ans et s’applique donc jusqu’aux exercices clos au 31 décembre 2028.
En outre, l’exonération partielle de la réintégration des sommes déduites est élargie au cas de survenance d’un aléa économique, à la double condition que :
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L’exploitant ait déjà souscrit un contrat d’assurance multirisque couvrant les pertes de l’exercice ;
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L’exploitant soit en mesure de présenter à l’administration fiscale, sur demande, une attestation d’un expert-comptable établissant la réalité de la baisse de valeur ajoutée.
Précision
L’aléa économique est caractérisé par une baisse de la valeur ajoutée de l’exercice N supérieure à 10 % de la moyenne des valeurs ajoutées des 3 derniers exercices (N-3 à N-1), ou supérieure à 15 % de la moyenne des valeurs ajoutées des 3 derniers exercices clos avant l’exercice précédant celui de l’aléa (N-4 à N-2).
Et attention, le montant des sommes exonérées en cas de survenance de cet aléa ne peut pas excéder, en principe, 20 000 €.
Ces mesures s’appliquent à compter de l’impôt sur le revenu dû au titre de 2026.
Exonération de l’indemnité pour abattage sanitaire
Lorsque l’administration ordonne, pour des raisons sanitaires, l’abattage (partiel ou total) d’un troupeau, leur propriétaire peut être indemnisé.
Si cette indemnisation est calculée sur la base de la valeur marchande des animaux, elle peut entraîner une imposition au titre des plus-values si les animaux étaient immobilisés ou des profits sur stocks s’ils étaient inscrits en stocks.
À ce titre, afin de préserver la trésorerie des exploitants dont les animaux abattus étaient affectés à la reproduction et les aider ainsi à reconstituer leur cheptel, une nouvelle exonération s’applique à ces plus-values et profits sur stocks.
Désormais, le montant correspondant à la différence entre l’indemnité perçue et la valeur nette à l’actif de ces animaux à la date de leur abattage est exonéré d’impôt sur le revenu ou d’impôt sur les sociétés, sans que l’éleveur n’ait à exercer une option.
Cependant, si, à l’expiration d’un délai de 2 ans à compter de la date de perception de l’indemnité, le montant exonéré s’avère être supérieur au montant de l’indemnité effectivement utilisé pour reconstituer le cheptel, la différence sera réintégrée au résultat, et donc imposable.
Cette mesure s’applique à l’impôt sur le revenu dû au titre des années 2025 à 2027 et à l’impôt sur les sociétés dû au titre des exercices ouverts entre le 1er janvier 2025 et le 31 décembre 2027.
Prorogation de deux crédits d’impôt
Les entreprises agricoles peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt de 4 500 € par an lorsqu’au moins 40 % de leurs recettes proviennent d’activités agricoles relevant du mode de production biologique. Cet avantage fiscal est prorogé de 3 ans, soit jusqu’en 2028.
À noter : pour les exploitants qui profitent d’une aide à la production biologique en application d’un règlement européen, le total des aides perçues et du crédit d’impôt ne peut excéder 5 000 € par an.
Par ailleurs, le crédit d’impôt de 2 500 € dont peuvent bénéficier les exploitations agricoles certifiées de haute valeur environnementale (HVE) est également prolongé.
Il est étendu aux exploitations qui disposent d’une certification délivrée au cours de l’année 2026.
Attention toutefois, ce crédit d’impôt ne peut être accordé qu’une seule fois. Ainsi, les entreprises ayant déjà bénéficié de ce dispositif par le passé ne peuvent plus en profiter.
Attention : dans le cadre de ces deux prorogations, si le crédit d’impôt excède l’impôt dû, l’excédent n’est pas restitué.
Nouveaux seuils pour les régimes d’imposition
Le seuil à partir duquel s’applique le régime réel simplifié BA est relevé de 120 000 € à 129 200 € et celui du régime normal est porté de 391 000 € à 421 000 €.
Des nouveaux seuils qui s’appliquent pour la période 2026-2028.
L’imputation des déficits agricoles
En matière agricole, la déduction du déficit sur le revenu global suppose que le total des revenus nets relevant d’autres catégories d’imposition (revenus fonciers, salaires, bénéfices industriels et commerciaux, bénéfices non commerciaux…) dont dispose le foyer fiscal n’excède pas un montant revalorisé chaque année et qui est fixé à 128 826 € pour l’imposition des revenus de l’année 2025.
À défaut, le déficit est reportable seulement sur les bénéfices agricoles des 6 années suivantes.
Source : Les Echos