Retour Publications d'expert | Publié le 19/05/20

COVID-19 | Les actualités du mardi 19 mai 2020

« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible » (Antoine de Saint-Exupéry)

 

Chères Clientes, chers Clients,

Même si cela ne peut pas être scientifiquement démontré, les analyses extrapolées du terrain ne s’avèrent pas trop éloignées de la réalité chiffrée qui vient le confirmer un peu plus tard. Rassurant finalement ! : 

 

MAINTENANT

 

___ 1) Fiches métiers et guides covid-19 : 1 nouveau guide publié par le Ministère du Travail sur :

 

___ 2) PGE : nous vous avions, dans nos quotidiennes respectivement du :

  • 24 avril, remonté les observations du terrain sur la mise en œuvre effective PGE,
  • 27 avril, fait part des nouvelles mesures permettant aux entreprises en procédures de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire d'y avoir droit comme les autres,
  • 30 avril, analysé les chiffres officiels de pré-accords au 15/05 compilés par la Banque de France, 
  • 4 mai, complété cette analyse par celle des chiffres au 24 avril (avec mise à jour pour certains au 30 avril), particulièrement intéressants !

 

Depuis, la communication au titre de l’octroi de PGE se fait par l’intermédiaire d’une plateforme dédiée qui met à jour les chiffres de manière hebdomadaire. Malheureusement, cette mise à jour reste très macro et ne permet qu’une analyse en surface, bien lointaine des analyses plus fines que nous avions pu en faire précédemment, et notamment quant aux différentes étapes du processus (demandes de PGE faites, pré-accords, et déblocages). Nous vous faisons part des chiffres disponibles hier soir ainsi que de notre analyse des remontées terrain :

  • Au 24 avril, le montant des demandes de PGE s’élevait à 70,8 Milliards : nous n’avons pas d’actualisation de ce chiffre. Mais nous rappelons que l'enveloppe globale pour les PGE est de 300 Milliards.
  • Le dernier chiffre disponible (au 7/05) fait état de 65,8 Milliards correspondant à près de 387 000 aides. On peut donc comprendre qu’il s’agit des PGE ayant fait l’objet de pré-accords (alors que les 70,8M ci-dessus représentaient les demandes). Nous ne savons pas non plus si ces chiffres comprennent les 5 milliards pour Renault et les 7 pour Air France, ainsi que les autres PGE décidés par Arrêtés pour des montants significatifs et qui ont été relayés au fil des quotidiennes (environ 3 Milliards supplémentaires), soit 15 Mds pour quelques grands groupes,
  • Toujours au 24 avril, les pré-accords correspondaient à 277 300  entreprises pour un encours de près de 43 Milliards soit presque 2 fois plus en valeur que 10 jours plus tôt (contre 162 300 entreprises au 15/04), pour une moyenne en légère hausse à 155 Ke par PGE, chiffres passés à 50 Milliards au 30 avril pour 322 000 entreprises. La moyenne du PGE par entreprise est passée à 170 Ke. On peut donc noter que le différentiel depuis le 30/04 serait principalement constitué des 15 Milliards pour les grands groupes, et par conséquent que les pré-accords PME tendraient à se tasser.
  1. Sur les presque 66 Milliards évoqués ci-dessus : 

    • près de 19 Mds sont pour le secteur du commerce (soit 29%), mais comprend certainement Fnac-Darty et surtout les commerces automobiles qui représentaient déjà le 24 avril, 25% des entreprises concernées, pour 13,3 Milliards,

    • et 9,2 Mds pour l’industrie manufacturière, 

    • Le secteur CHR semble assez faiblement représenté à 5,3 Mds soit seulement 8%. Il était déjà à 4 Milliards au 24/04, 

    • ainsi que la construction à 6,9 Mds, en forte progression néanmoins par rapport aux 4,3 Mds du 24/04, soit les deux secteurs les plus touchés par la fermeture ou les difficultés d'accès aux chantiers,
    .
    .

  2. Cela ne semble finalement pas étonnant au vu des remontées du terrain : 

    • Les PGE les plus « faciles » à accorder l’ont été dans des délais très courts, même si nettement plus longs que préconisés, soit 5 jours pour rappel, 
    .
    • Puis, certaines banques mettent longtemps à instruire les dossiers qu’ils considèrent comme les plus problématiques, et elles renvoient la balle aux chefs d’entreprises en leur demandant toutes sortes de documents longs et compliqués à produire. Compliqué, comme par exemple, un prévisionnel sur 5 ans qui montrera que la société est capable de rembourser la transformation du PGE trésorerie en PGE amortissable sur 5 ans : comment faire un prévisionnel de ce type, autre qu’un simple exercice de style, pour beaucoup d’entreprises qui ne savent même pas comment leur marché va reprendre ? En matière de commerce international, on appelle cela des « barrières non tarifaires », soit le zèle poussé à l’extrême pour donner du temps au temps et finir par lasser les demandeurs, 
    .
    • En outre, comme les entreprises doivent disposer d’un refus motivé de leurs banques pour pouvoir demander les aides régionales complémentaires aux 1500 euros de l’état, certains petits entrepreneurs peuvent être tentés de laisse tomber pour le pis-aller de l’aide régionale, 
    .
    • En gros, il reste donc les cas plus difficiles, ceux qui ne rentraient pas dans la maille, pourtant élargie progressivement par le gouvernement,
    .
    • Bien sûr, on a tous en tête des cas particuliers : 
    - Tels client ayant eu un PGE malgré des capitaux propres négatifs, 
    - Celui qui a eu son PGE à la maille de 25% du CA en une semaine, 
    - Celui pour lequel le PGE résout à court et moyen terme un besoin de trésorerie de croissance, 
    - Etc… 
    .
    • Bien évidemment, comme évoqué précédemment, nous vous recommandons de bien faire attention aux petites clauses des contrats…

 

  • Les régions les plus (ou moins) concernées : 
  1. IDF : 33% du montant total en nette hausse par rapport aux 26% précédents, et correspondant à ce que nous avions anticipé quand on compare à environ 32% du PIB français,
  2. Auvergne-Rhône-Alpes : 12% presque inchangé, 
  3. Nouvelle Aquitaine : 8,7% contre 10% antérieurement.

 

___ 3) CDD et contrat d'intérim : assouplissement des règles de renouvellement : 

L'Assemblée nationale a validé le vendredi 15 mai 2020 de nouvelles adaptations du droit du travail dans le cadre de la pandémie de Covid-19, notamment pour faciliter les renouvellements des CDD ou contrats d'intérim arrivant à terme. 

Cette mesure n’a pas encore été publiée au Journal Officiel, mais nous voulions vous en faire part car elle :

  • permettra, par accord d'entreprise, de fixer un nombre de renouvellement des contrats à durée déterminée (CDD) et contrats d'intérim à un niveau autre que celui prévu par accord de branche ou par la loi, 
  • devrait aussi permettre aux entreprises de conserver les compétences des salariés en CDD ou en intérim au moment où l’activité devrait reprendre, 
  • ne sera que temporaire puisqu’elle ne devrait trouver application que jusqu’au 31 décembre prochain. Pour mémoire, selon les dispositions légales actuelles, un contrat à durée déterminée ou un contrat d’intérim peut être renouvelé deux fois. Les Ordonnances MACRON ont toutefois permis de fixer un nombre de renouvellements supérieur à deux par accord de branche. Avec la mesure adoptée par le Parlement, le nombre de renouvellements pourra être porté au-delà de deux par une négociation au niveau de l’entreprise, y compris au-delà du nombre de renouvellements prévu par l’accord de branche.

A noter que ce même texte prévoit la prise en compte des périodes d’activité partielle dans le régime de retraite de base ainsi que le possible relèvement du plafond du temps de travail des étudiants étrangers de 60 à 80% d'un temps complet, en cas de besoins financiers.

Demain, nous communiquerons sur les chiffres de l’Intérim : cela reprend… mais de manière différenciée .

 

STRATÉGIE CT ET LT

 

___ 1) Les conseils du jour de Jean-Marc Bonnet, dirigeant de FINOVA Conseil sur : « Faire face à l'incertitude », ou comment ajuster sa façon de penser et apprendre à gérer l'incertitude : à découvrir ici.

 

« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible » (Antoine de Saint-Exupéry)

 

Bonne continuation.

Les collaborateurs et associés du Groupe FIMECO Walter France.

Suivez-nous !

Restez informé !

Abonnez-vous gratuitement à nos lettres d'actualité trimestrielles...

 

Top